Projet
de rapport HAS… Ouf, ça n'est qu'un projet !
Communiqué
de presse sur le site de la HAS
Projet
de rapport .pdf
De quoi parle-t-on ? Faire évoluer la prise charge
médicale du transsexualisme ou prendre en charge le transsexualisme
?
Le
document consultable en ligne s'intitule "Situation actuelle
et perspectives d'évolution de la prise en charge médicale
du transsexualisme en France" Projet nécessaire et
louable en effet vu la situation empirique dénoncée
depuis longtemps ! Mais on lit sur le communiqué de presse
qu'il s'agit d'un "Projet de rapport sur la prise
en charge du transsexualisme", puis, on lit sur
la même page: "La Haute Autorité de Santé
a élaboré un projet de rapport sur le transsexualisme
et sa prise en charge médicale […]"
Le sujet est trop sérieux pour ne pas souligner ce manque de
clarté qui marque un embarras certain… ce que l'on peut
comprendre.
Qui
parle de qui ?
Exercice
impossible en effet que celui de mettre toutes les personnes transidentitaires
et leurs problèmes sociétaux dans une seule case, exercice
réalisé de surcroît par un organisme spécialisé
en santé (un projet interministériel serait plus judicieux).
Ce que tente malgrè tout les auteurs, quitte à évacuer
le texte intéressant de Marcela Iacub (on nous précise
que son texte "n'engage que la vision de l'auteur")
et à accumuler des amalgames. Et l'on comprend donc, dans les
conclusions, que l'on ne parlera que des personnes désireuses
de traitements hormonaux assortis d'une chirurgie génitale,
diagnostiquées grâce au DSM, devant être des patients
"pris en charge" à travers des protocoles dans des
centres "experts"… Mais n'est-ce pas justement ce
qui existe déjà, de façon non officielle ? Nous
ne sommes pas dupes de la pression majoritaire exercée par
les équipes professionnelles françaises existantes,
ceux-là même qui sont les "experts" consultés
par la HAS, dont un pourcentage non négligeable de parisiens
(on peut légalement retrouver leur déclaration publique
d'intérêts sur la page
dédiée de la HAS). Ces équipes ont tout intérêt
à ce que leur structure soit légalisée et non
plus tolérée. Mais manifestement, à ce stade
(de projet) du rapport, on s'éloigne vite de la déclaration
d'intention : "Projet visant à un meilleur bien-être
des trans" au profit du bien-être d'autres, auxquels
s'opposent depuis longtemps la plupart des associations.
Comment
parle-t-on des personnes transidentitaires ?
•
Puisque le bien-être des trans est un objectif, nous ne comprenons
pas pourquoi le rapport ne respecte pas une demande grammaticale simple
exprimée par toutes les associations : depuis longtemps en
effet, le genre grammatical est inversé dans tous les textes
des "experts": "un homme transsexuel veut devenir
une femme" alors que le bon sens indique qu'un homme transsexuel,
c'est un FtM. Cela serait un signe encourageant et marquant le respect
si le futur rapport applique cette règle. (sans rien engager
par ailleurs)
• Malades mentaux ? Une précaution maladroite est prise
à l'évocation du DSM, on nous dit en effet de ne surtout
pas penser que cela est discriminant d'être sur cette liste…
mauvaise blague ?
• Patients ou usagers ? De la même façon, les auteurs,
en début d'ouvrage, nous indiquent que "patients"
est synonyme d'usagers des services de soins. Mais pourquoi alors
ne pas employer le terme "usagers", comme cela existe dans
d'autres rapports de la HAS ?
Conclusions,
propositions et perspectives pour une deuxième étape
De quoi et de qui parle-t-on ? De la prise en charge de malades mentaux
ou d'une meilleure prise en charge de l'aspect médical du transsexualisme
?
On a la sensation d'un grand fourre-tout cousu par des auteurs mal
à l'aise face à une tâche qui dépasse leur
champ de compétences (la France avant-tout doit prendre l'initiative
politique de la déclassification DSM, ce qui libérera
les médecins de la toute puissance du diagnostic pour se consacrer
alors à un véritable travail d'accompagnement). Dans
cet écrit, ajoutons l'anonymat des experts… ce que certains
ne comprennent pas… et l'impression que l'on veut caresser les
trans' militants dans le sens du poil en prenant quelques précautions
verbales… sur les conseils sans doute de personnes avisées
(expertes?).
L'équipe de l'HAS n'a pas encore travaillé avec les
associations et personnalités trans', celles-ci sont porteuses
de propositions innovantes et sérieuses, une seule réunion
a eu pour but l'écoute des "revendications", l'autre
fut une réunion d'information. Il serait temps en effet de
prendre au sérieux l'ensemble de ceux qui, par le vécu
et l'expérience de terrain, de confrontation à la vie
sociale et la rencontre de centaines de personnes transidentitaires,
de leurs proches, de leurs enfants, de leurs parents, possèdent
un savoir bien différent de celui des "experts" de
cabinets hospitaliers. Pour exemple, ceux-ci préconisent encore
le fameux test de vie réel : c'est un suicide social commandé,
idem pour les traitements hormonaux décomposés en deux
temps: programme médical favorisant un état dépressif
connu mais non pris en compte… procédés archaïques
et dangereux, créant du mal-être et non du bien-être
dans une période où l'isolement est tellement fréquent.
Bien que le projet de rapport mentionne que les "congrès"
(on peut comprendre également les "écrits")
organisés par les trans' ne sont pas crédibles puisque
non objectifs… souhaitons que la deuxième étape
de ce travail verra le jour d'un réel partenariat qui prendra
en compte les réactions et les résultats de la consultation
publique, dans le cas contraire, on aboutira à une usine à
gaz mensongère en décalage avec la réalité
qui risque de faire fuir plutôt que de réunir, telles
que les conclusions et préconisations provisoires le font penser.
le
11/05/09
Par Isa²