| A - 1 livre(s) |
| AUGST-MERELLE ALEXAN Nicot Stéphanie |
Genre : Essai
Résumé :2006
Le cavalier bleu éditions
p. Préface de Martin Winckler
commentaires de Tom Reucher :
Ecrit au féminin par deux trans' militantes, cet intéressant essai concerne principalement les filles trans' (MtF). Prônant la libre disposition de son corps et la dépsychiatrisation, les autrices dénoncent ce qui ne va pas et des idées fausses. Quelques points noirs: -Les rares informations concernant les garçons trans' (FtM) sont malheureusement toutes erronées. -Le point de vue est plus généralement celui des filles trans' ayant, avant leur transition, eu une vie d'homme et l'assumant et donnant lieu à une forme de généralisation. -La confusion entre perversion et perversité, (elles ne sont pas les seules, seuls les psys font la distinction!). -Le ton est quelquefois un peu excessif à moins qu'il s'agisse d'une forme d'humour, humour qui est par ailleurs aussi heureusement présent. Malgré ces quelques défauts, tous les professionnels s'occupant des questions trans', les journalistes, devraient lire cet essai. Ils en tireront des informations concrètes et pertinentes sur ce que vivent la majorité des trans' en France en ce début de XXIè siècle. Sans jargon incompréhensible, ce livre est aussi accessible au grand public.
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| B - 5 livre(s) |
| BADINTER Elisabeth |
Genre : Essai
Résumé :2003
4° de couverture :
"Fausse route
"Les stéréotypes d'antan, pudiquement appelés "nos repères'' nous enfermaient mais nous rassuraient. Aujourd'hui, leur éclatement en trouble plus d'un. Bien des hommes y voient la raison de la chute de leur empire et le font payer aux femmes. Nombre d'entre elles sont tentées de répliquer par l'instauration d'un nouvel ordre moral qui suppose le rétablissement des frontières. C'est le piège où ne pas tomber sous peine d'y perdre notre liberté, de freiner la marche vers l'égalité et de renouer avec le séparatisme.
Cette tentation est celle du discours dominant qui se fait entendre depuis dix ou quinze ans. Contrairement à ses espérances, il est peu probable qu'il fasse progresser la condition des femmes. Il est même à craindre que leurs relations avec les hommes se détériorent. C'est ce qu'on appelle faire fausse route." Elisabeth Badinter"
Commentaires de Cris :
E. Badinter s'en prend aux errements des féministes et surtout du "discours féministe médiatisé" qui stigmatisent les femmes comme victimes et mineures, les hommes comme bourreaux et opposent les deux camps ennemis ainsi renaturalisés.
E. Badinter a le mérite de dénoncer l'essentialisme du féminisme. Elle se fait beaucoup d'ennemi, à l'instar de Marcela Iacub dont elle partage la critique de l'infantilisation des femmes victimisées qui conviendrait de protéger des hommes, y compris malgré elles-mêmes. Seulement, j'ai l'impression qu'elle n'arrive jamais à décoller. Elle voit le sexisme de celles qui prétendent et pensent le combattre mais a très peu à proposer. Elle dénonce la construction des féminités et masculinités mais ne va pas jusqu'à remettre en cause l'assignation en fonction du sexe. Elle reste engluée dans une sorte de culturalisme : les genres sont culturels mais elle se contente de dénigrer leur formes mauvaises sans jamais proposer de remettre en cause le fait même qu'ils sont imposés dés la naissance. Elle connaît que les femmes et les hommes et pose ses questions en présupposant l'hétérosexualité.
Elle s'en prend au "droit à la différence". En particulier contre Antoinette Fouque et l'homophobe, Sylviane Agacinski, qui ont peur de l'uniformisation des individus et qui favorisent du coup le "dualisme oppositionnel" : "Le recours à la biologie et à l'anatomie pour résoudre à la fois la question philosophique de l'identité et celle, politique, du rapport des sexes signe le retour en force du naturalisme."
EB semble vraiment détester Daniel Welzer-Lang. Ce qu'elle lui reproche n'est jamais clair. Ça semble être le fait de décrire la façon dont les genres sont construits qui énerve E B. Mais jamais DWL ne cherche à légitimer l'assignation sexiste qu'il décortique. Bien au contraire EB aurait beaucoup à apprendre de lui question anti-essentialisme.
Fausse Route est un livre facile à lire qui a le mérite de mettre le doigt sur l'erreur fondamentale du féminisme essentialisme. Il ne faut rien en attendre de plus. Si la lecture est fluide, il est par contre parfois difficile de savoir quand E. Badinter donne son avis et quand elle donne celui d'autres, les phrases étant presque toutes à l'affirmatif.
Extrait détestable :
"Non pas qu'il faille distinguer les tâches féminines et masculines à la maison. Mais imposer aux petites filles et aux jeunes garçons les mêmes jouets, activités et objets d'identification est absurde et dangereux. L'apprentissage de l'identité sexuelle est vital et, n'en déplaise à certains, elle se fait par oppositions, caricatures et stéréotypes. (…) L'éducation peut tout, disait Leibniz, même faire danser les ours. Mais le petit garçon n'est pas un ours et l'on ne joue pas avec l'acquisition de l'identité sexuelle."
Ah ça non on ne joue pas. On impose. On limite les choix, la liberté.
"Lutter contre l'imperium masculin est une nécessité ; mais la déconstruction de la masculinité en vue de l'alignement sur la féminité traditionnelle est une erreur, sinon une faute."
Bien sûr mais ce n'est pas une raison pour blâmer la déconstruction quand elle est ouverture à tous du champs des possibles.
"Changer l'homme n'est pas l'anéantir. L'Un est L'autre à condition que persistent l'Un et L'autre."
Dénoncer l'essentialisme pour verser dans un culturalisme aussi binaire… pitoyable. Au moins ça résume bien la valeur et la limite du livre.
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| BEAUVOIR (DE) Simone |
Genre : Essai
Résumé :1949
Folio/essais
4e de couverture
Tome 1 :
"Nous commencerons par discuter les points de vu pris sur la femme par la biologie, la psychanalyse, le matérialisme historique. Nous essaierons de montrer ensuite positivement comment la "réalité féminine" s'est constituée, pourquoi la femme a été définie comme l'Autre et quelles ont été les conséquences du point de vue des hommes. Alors nous décrirons du point de vue des femmes le monde tel qui leur est proposé ; et nous pourrons comprendre à quelles difficultés elles se heurtent au moment où, essayant de s'évader de la sphère qui leur a été jusqu'à présent assignée, elles prétendent participer au mitsein humain."
Tome 2 :
"Comment la femme fait-elle l'apprentissage de sa condition, comment l'éprouve-t-elle, dans quel univers ce trouve-t-elle enfermée, quelles évasions lui sont permises, voilà ce que je chercherai à décrire. Alors seulement nous pourrons comprendre quels problèmes se posent aux femmes qui, héritant d'un lourd passé, s'efforcent de forger un avenir nouveau. Quand j'emploie les mots "femme" ou "féminin" je ne me réfère évidemment à aucun archétype, à aucune immuable essence ; après la plupart de mes affirmations il faut sous-entendre "dans l'état actuel de l'éducation et des mœurs". Il ne s'agit pas ici d'énoncer des vérités éternelles mais de décrire le fond commun sur lequel s'enlève toute existence féminine singulière."
Commentaires de Cris :
Essai incontournable du féminisme, à peine vieilli, mais si mal interprété. Simone de Beauvoir est pourtant claire dés l'intro. Elle parle existentialisme, fait l'éloge de l'authenticité, par opposition aux "mythes" sur la féminité qu'elle décrit sur un millier de pages de façon quasi exhaustive. Les stéréotypes ont changés. Encore que des chapitres comme "la lesbienne" sont étonnamment modernes. Mais le sujet principal est encore d'actualité. Malheureusement, puisqu'on n'en a pas tenue la leçon. Avant l'apparition du féminisme queer, l'existentialisme dénonce déjà le mensonge des prétendues "essences" "natures" humaines. "On ne naît pas femme : on le devient." Tout n'est que question de choix.
Et pourtant des mouvements féministes bien essentialistes, comme les Chiennes de Garde, se réclament d'elle. Mais c'est une insulte qui est faite là à Simone de Beauvoir. Elle le dit et ne cesse de le répéter tout le long de son essai : la féminité n'est que "mythes". L'intro du tomme 2 insiste portant bien sur "dans l'état actuel de l'éducation et des mœurs".
Extrait fort :
"Le grand malentendu sur lequel repose ce système d'interprétation, c'est qu'on admet qu'il est naturel pour l'être humain femelle de faire de soi une femme féminine : il ne suffit pas d'être une hétérosexuelle, ni même une mère, pour réaliser cet idéal ; la "vrai femme" est un produit artificiel que la civilisation fabrique comme naguère on fabriquait des castrats ; ses prétendus "instincts" de coquetterie, de docilité, lui sont insufflés comme à l'homme l'orgueil phallique ; il n'accepte pas toujours sa vocation virile ; elle a de bonnes raisons d'accepter moins docilement encore celle qui lui est assignée."
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| BROWN & ROUNSLEY Mildred and chloe an |
Genre : Etude
Résumé :The Best Popular Introduction to Transsexualism
Filled with wisdom and understanding, True Selves paints a vivid portrait of the conflicts transsexuals face on a daily basis-the courage they must summon as they struggle to reveal their true being to themselves and others. The classic resource offers valuable guidance for friends, family, coworkers, and professionnals who are struggling to understand these people and their situations. Using real life stories, actual letters, and other compelling examples, True Selves give a clear understanding of what it means to be transsexual and offers practical suggestions for dealing compassionnately with these commonly misunderstood individuals.
Praise for True Selves
“True Selves is thorough and comprehensive... This is a serious and important book. If you know a transsexual, care about a transsexual, or are interested in understanding transsexuality, True Selves should be on your reading list.”
- The Transsexual New Telegraph
“The best popular introduction to transsexualism for all involved - transsexuals, soffas, (significant others, family, friends, allies), and the professionals working with ans serving them - is true Selves.”
- The Independant Press Book Review
“First-person accounts from transsexuals argument general readability and put human faces on the issues-disccussed.”
- Booklist
“each chapter poses questions and confronts common misconceptions about transgendered people and offers recommandations to caregivers and family... presented in a simple, straightforward style and is easy to understand.”
- Gender identity journal
“Wiyh real life stories, letters, poems, and more, this is the first coming-out collection for the TS community.”
- Feminist Bookstore News
THE AUTHORS
Mildred L. Brown is a clinical sexologist and therapist in private practice in San Jose, California. She is also professor of clinical sexology at the Institute for Advanced Study of Human Sexuality in San Fransisco.
Chloe Ann Rounsley (www.rounsley.com) is a writer, journalist, and editorial consultant based in the San Francisco Bay Area.
Commentaire par Lil
True Selves par Mildred L. Brown et Chloe Ann Rounsley chez Jossey-Bass Prix ? Mode d’emploi pour comprendre la transsexualité. En américain
Cet ouvrage assez ancien déjà, 1996, devrait être sur toutes les étagères. Il a été écrit par Mildred L. Brown, affectueusement Millie, sexologue clinicienne, psychothérapeute à San Jose and professeur à Frisco, et par Chloe Ann Rounsley, journaliste, écrivain, également à Frisco, afin d’expliquer le Transsexualisme aux familles, aux amis, aux collaborateurs et aux personnes concernées par l’aide à apporter aux personnes transsexuelles.
Un cri de Christine Burns: Où étais-tu il y a 25 ans Millie. Combien de vies ton livre aurait pu sauver, combien de familles, combien d’angoisses ? Le monde Transexuel avait pleuré, supplié pour un livre comme celui là depuis plus d’un quart de siècle. Un livre qui explique ce que les personnes ordinaires doivent connaître à propos de la dysphorie du Genre ... et surtout comment les aider .
Terriblement bien documenté avec pratiquement chaque page enrichie d’un exemple vécu.
Je relis ce livre régulièrement et je trouve chaque fois des informations qui m’avaient échappées la fois précédente. Sur les conjoints, les enfants, les parents des TS, sur le THS, la SRS, etc... bref sur tout.
Un exemple : d’un simple point de vue M2F, j’avais beaucoup de difficultés à comprendre la position F2M, même si je l’admettais bien sûr. Mais pour celle qui depuis 50 ans désire pouvoir se sentir enfin femme, c’était très difficile.
Ce livre m’a permis de comprendre cette situation. Il traite exactement au même niveau la Transsexualité M2F que F2M. Il explique ce qu’est la TS, mais également, ce qu’elle n’est pas.
Ce livre fait vraiment autorité dans le domaine de l’information et de la compréhension de la Transsexualité. Absolument indispensable à tous, et que l’on devrait trouver chez tous les psy. qui voudraient simplement nous adresser la parole ou nous ... causer meilleur ?
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| BUTLER Judith |
Genre : Essai
Résumé :4e de couverture :
"
"Faire" son genre implique parfois de défaire les normes dominantes de l'existence sociale. La politique de la subversion qu'esquisse Judith Butler ouvre moins la perspective d'une abolition du genre que celle d'un monde dans lequel le genre serait "défait", dans le quel les normes du genre joueraient autrement, tout autrement. Que le genre puisse être défait présuppose en effet qu'il est une "faire" susceptible de transformation et non une structure figée et immuable. Ce livre qui constitue un retour critique sur les analyses développées par l'auteure dans Trouble dans le genre s'inscrit dans une démarche indissociablement théorique et pratique : il s'agit, en s'appuyant sur les théories féministes et queer, de faire la genèse de la production du genre et de travailler à défaire l'emprise des formes de normalisation qui rendent certaines vies invivables, ou difficilement vivables, en les excluant du domaine du possible et du pensable. La critique des normes qui gouvernent le genre, avec plus ou moins de succès, s'inscrit donc ici dans un effort pour dégager les conditions de la perpétuation ou de la production de formes de vie plus vivables, plus désirables et moins soumises à la violence.
Judith Butler s'attache notamment dans les présents essais – ancrés dans l'actualité des politiques et des savoir du genre, de la sexualité et de la parenté -, à mettre en évidence les contradictions auxquelles sont confrontées ceux et celles qui s'efforcent de penser et transformer le genre. Défaire le genre manifeste en particulier un vif souci de la façon dont les luttes pour la reconnaissance et l'égalité sont susceptibles, pour ainsi dire malgré elles, de contribuer à l'invisibilisation et à l'exclusion de certain-es. Sans prétendre toujours dépasser ces contradictions, ce livre semble en définitive suggérer la possibilité de leur traitement politique : "La tache de tous ces mouvements me parait être de distinguer entre les normes et les conventions qui permettent aux gens de respirer, désirer, aimer et vivre, et les normes et les conventions qui restreignent ou minent les conditions de la vie elle-même. La critique des normes des genres doit se situer dans le contexte des vies telles qu'elles sont vécues et doit être guidée par la question de savoir ce qui permet de maximiser les chances d'une vie vivable et de minimiser la possibilité la possibilité d'une vie insupportable ou même d'une mort sociale ou littérale."
Commentaires de Cris :
Agglomérat d'articles pas toujours bien liés entre eux, "Défaire le genre" est une mise à jour de "Gender trouble". Judith Butler y reprend abondammant la question de lisibilité et viabilité d'une vie humaine en rapport aux normes. Elle connaît mieux les questions intersexes et trans' ; évoque par exemple le DSM-IV. Mais son discours reste aussi éthéré sinon plus que dans "Gender trouble".
Extrait choisi :
"Ce qui est très important c'est, d'une part, de cesser d'imposer à tous ce qui n'est vivables que pour certains et, d'autre part, d'éviter d'interdire à tous ce qui n'est invivable que pour certains."
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| BUTLER Judith |
Trouble dans le Genre / pour un féminisme de la subversion (Afficher/Cacher les détails)
Genre : Essai
Résumé :2005
La Découverte
4e de couverture :
"Dans cet ouvrage majeur publié en 1990 aux Etats-Unis, la philosophe Judith Butler invite à penser le trouble qui perturbe le genre pour définir une politique féministe sans le fondement d'une identité stable. Ce livre désormais classique pour les recherches sur le genre, aussi bien que les études gaies et lesbiennes, est au principe de la théorie et de la politique queer : non pas solidifier la communauté d'une contre culture, mais bousculer l'hétérosexualité obligatoire en la dénaturalisant. Il ne s'agit pas d'inversion mais de subversion.
Judith Butler localise les failles qui manifestent à la marge le dérèglement plus général de ce régime de pouvoir. En même temps, elle soumet à la question les injonctions normatives qui constitue les sujets sexuels. Jamais nous ne parvenons à nous conformer tout à fait aux normes : entre genre et sexualité, il y a toujours du jeu. Le pouvoir ne se contente pas de réprimer ; il ouvre en retour, dans ce jeu performatif, la possibilité d'inventer de nouvelles formations du sujet.
La philosophe relit Miche Foucault, Sigmund Freud, Jacques Lacan et Claude Lévi-Strauss, mais aussi Simone de Beauvoir, Luce Irigaray, Julia Kristeva et Monique Wittig, afin de penser, avec et contre eux, sexe, genre et sexualité – nos désirs et nos plaisirs. Pour jeter le trouble dans la pensée, Judith Butler donne à voir le trouble qui est déjà dans nos vies."
Commentaires de Cris :
La 4e de couverture est parlante.
Je rajoute que la version francophone tire au moins un avantage de son retard de 15 ans : l'édition comporte différente introductions de l'auteure. Le principal des idées de Judith Butler y est résumé. L'œuvre proprement demande un exercice complexe avant de pouvoir s'y plonger. Une fois pénétrée les abymes du vocabulaire de Butler, elle nous emmène justement dans des questions de linguistique et dans une philosophie éthérée.
La troisième partie est plus abordable à condition de connaître préalablement les auteurs dont elle parle. Mais selon moi.
Dans l'intro de 1999 :
"Les questions qui m'intéressent le plus sont toujours du même ordre : qu'est qui constitue ou non une vie intelligible, et comment des préjugés sur ce qui est "normal" en matière de genre et de sexualité prédéterminent ce qui compte pour l'"humain" et le "vivable" ? Autrement dit, comment les pré-supposés normatifs sur le genre tendent-ils à circonscrire le champs même de la description que nous pouvons faire de l'humain ? Par quels moyens en venons-nous à voir ce pouvoir de démarcation, et par quels moyens le transformons-nous ?"
"ce que nous tenons pour "réel", ce que nous invoquons comme du savoir naturalisé sur le genre est, en fait, une réalité qui peut être changée et transformée. Appelez cela "subversif" ou autrement si vous voulez. (…) le champ sédimenté et réifié de la "réalité" de genre pourrait être construit autrement et, sans doute, moins violemment."
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| C - 1 livre(s) |
| CARTHONNET Claire |
Genre : Récit témoignage
Résumé :4 e de couverture :
Prostituée depuis l’âge de dix-sept ans, Claire Carthonnet a choisi de se montrer et de parler pour défendre ses sœurs du trottoir. Quand elle s’empare du micro en criant: «J’ai des choses à vous dire», lors d’un colloque pour l’abolition de la prostitution à l’Unesco, quand, courageusement, elle argumente seule et contre tous sur les plateaux de télévision ou, plus récemment, quand elle manifeste à visage découvert au cours des rassemblements contre le projet de loi Sarkozy, elle est de tous les combats.
«J’étais insouciante, je vivais comme une bourgeoise… avant l’électrochoc…» Le choc s’appelle Gina, «une vieille femme qui se vendait pour un paquet de clopes et un sandwich…» C’est cette rencontre que Claire Carthonnet nous raconte, le séisme et la prise de conscience qu’elle a provoqués dans sa vie, l’engagement qui s’est ensuivi. Elle évoque la situation des prostituées étrangères, le regard que la société porte sur les prostituées en général mais également son travail au quotidien, les clients, la violence.
Pour expliquer les raisons pour lesquelles elle a choisi d’être prostituée, Claire Carthonnet raconte aussi certains événements de son enfance et de son adolescence. Pour la première fois, elle révèle un secret douloureux et inattendu dans un témoignage bouleversant et unique.
Commentaire de Lil :
Ce livre remarquable et cette femme que j’admire dans son combat sont incontournables.
Combat contre la loi Sarkozy, grand balayeur du trottoir.
Comment des institutions policières, politiques ou religieuses peuvent elles s’arroger le droit de mettre ses personnes au banc de notre société ?
Claire milite pour son statut de professionnelle du sexe, de prostitué et c’est son droit le plus légitime.
Aucune sommité, aucun(e) maître(sse) de conférence, aucune association, en théorie bien pensante, aucun chercheur malheureusement pas Trouveur, ne peut se substituer à Claire Carthonnet lorsqu’elle parle de ce qu’Elle seule et ses Compagnes connaissent ?
Lors d’un colloque pour l’abolition de la prostitution à l’Unesco, elle s’est emparée courageusement du microphone en criant: «J’ai des choses à vous dire».
Encore un “détail”, Claire est une superbe jeune femme d’origine Transsexuelle.
Absolument indispensable.
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| D - 2 livre(s) |
| DESPENTES Virginie |
Genre : Essai
Résumé :2006 - Grasset
4e de couverture :
"KING KONG THEORIE
"J'écris de chez les moches, pour les moches, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf, aussi bien que pour les hommes qui n'ont pas envie d'être protecteurs, ceux qui voudraient l'être mais ne savent pas s'y prendre, ceux qui ne sont pas ambitieux, ni compétitifs, ni bien membrés. Parce que l'idéal de la femme blanche séduisante qu'on nous brandit tout le temps sous le nez, je crois bien qu'il n'existe pas."
V.D.
En racontant pour la première fois comment elle est devenue Virginie Despentes, l'auteur de Baise-moi conteste les discours bien-pensants sur le viol, la prostitution, la pornographie. Manifeste pour un nouveau féminisme."
Commentaires de Cris :
Virginie Despentes nous livre un essai sauvage et sans concession. Elle commence par incendier la normativité, surtout de genre. Puis par chapitre, elle aborde sans retenue les questions de viol, de prostitution, de pornographie, de féminisme. Elle mixte ses opinions et expériences. Faut dire qu'elle a vécu le viol, la prostitution, la stigmatisation des femmes médiatiques, la discrimination et même psychiatrisation pour non conformité à une vision de féminité étriquée que les bien-pensants voulaient lui imposer du simple fait d'être née avec un vagin et non un pénis.
A mon avis, elle oppose trop les femmes et les hommes le long de son livre. On pourrait presque y voir une étude des genres comme deux essences. Mais l'intro et les deux derniers chapitres ne laissent pas de doute sur sa vision du féminisme : une vision anti-essentialiste. "L'éternel féminin est une énorme plaisanterie." La "King Kong Théorie" est une théorie queer (qui s'ignore ?).
Je ne résiste pas à vous citer l'avant-dernier paragraphe :
"Le féminisme est une révolution, pas un réaménagement des consignes marketing, pas une vague promotion de la fellation ou de l'échangisme, il n'est pas seulement question d'améliorer les salaires d'appoint. Le féminisme est une aventure collective, pour les femmes, pour les hommes, et pour tous. Une révolution, bien en marche. Une vision du monde, un choix. Il ne s'agit pas d'opposer les petits avantages des femmes aux petits acquis des hommes, mais bien de tout foutre en l'air."
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| DUFFY Léa |
Genre : Récit témoignage
Résumé :1° de couverture :
"Léa est une adolescente comme les autres. A une différence près : elle préfère les filles. Depuis toujours. Dans son village, son homosexualité dérange et certains veulent lui faire payer ses préférences. Un soir le drame éclate. Le viol, "pour lui apprendre ce qu'est un homme". Avec courage, Léa tait sa souffrance. Et décide de se battre pour la chose la plus naturelle du monde : aimer et être aimée, sans avoir à se cacher. Rayonnante, bien dans sa peau, Léa, sans jamais rejeter les hommes, nous dévoile aujourd'hui un autre visage de l'amour : l'homosexualité féminine."
4° de couverture :
" "En 1994, les journalistes de Bas les masques m'ont invitée pour évoquer l'homosexualité féminine. J'ai reçu une quantité impressionnante de lettres. Sylvie, qui se reconnaît homosexuelle à travers mon témoignage, Juliette, dix-sept ans, persuadée depuis qu'elle m'a entendue qu'elle n'aime plus que les filles, Rosa, hétérosexuelle, violée et malade du sida, terriblement seule et désespérée... L'homosexualité n'est ni un vice ni un péché. Pour moi, nous naissons ainsi. Familles, écoutez-moi. apprenez à aimer vos enfants tels qu'ils sont, ne les rejetez pas sans appel. Ce qui compte, ce sont les rapports humains, la confiance et l'amour. Et cela, on ne le dira jamais assez."
Eclairagiste depuis plus de huit uns à la télévision et
au cinéma, Léa Duffy a été "auxiliaire de vie" pendant deux ans. Elle a accompagné les malades du sida - trop soupent exclus et seuls - dans les
derniers moments de leur existence."
Témoignage non dénué de quelques perles bien sexistes ou butch-phobes. Carrément homophobes (tout dépend de la définition évidemment) dans la conclusion.
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| F - 1 livre(s) |
| FOERSTER Maxime |
Genre : Essai
Résumé :2006
H&O éditions
Préface de Henri Caillavet
Commentaires de Tom Reucher :
Un excellent historique bien documenté de la transidentité qui prend ses racines dans l'Allemagne pré-nazie avec Magnus Hirshfield. La France est la charnière entre la fin des précurseurEs allemandEs et le relais Nord américain du début des années 50. Il montre aussi comment la police a échoué dans l'éradication du phénomène trans' et comment la psychiatrie à pris le relais dans la vie des trans' en échange d'une prise en charge des soins par la sécurité sociale, une autre façon de garder le contrôle de cette population qui dérange les instances étatiques. Une histoire, donc éminemment politique, qui se lit comme un roman, à lire absolument pour acquérir une culture trans' ou pour comprendre que les trans' ont vécu et peuvent vivre sans psychiatres.
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| G - 1 livre(s) |
| GOFFMAN Ervin |
Genre : Essai
Résumé :commentaires, Maud :
L'inventeur de l'infinimment petit en sociologie. Sexe et genre au travers du quotidien. L'arrangement c'est la construction sociale du genre instaurant une différentiation sexuée qui relève en fait du genre.
un livre court, très dynamique et toujours à la pointe en accompagnement de Butler et Foucault.
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| J - 1 livre(s) |
| JEFFERIES Victoria |
Genre : Biographie
Résumé :4e de couverture :
“...one of the most touching expressions of the difficulties we face as teenagers... read Vicky’s story ... I hope you find it as inspirantional as I did !”
Andrea James - Deap Stealth Productions
From Within is the story of a young girl, growing up into the wide world. However for Vicky, something makes this world a lot harsher, colder and upsetting than most children will ever experience.
The problem for Vicky is that though she has always been female, she was born into the wron body.
A boy’s body
This is one girl’sepic story of courage and one which shows what truly can come from within ...
“... conveying what it feels like to grow up as a girl in a boy’s body - revealing all the confusions, emotions and experiences along the way from early childhood to, and through, gender transition.”
Prof. Lynn Conway - University of Michigan
Commentaire par Lil :
“From Within” par Victoria Jeffries Biographie de l’évolutiond’un jeune garçon soutenue par sa soeur, ses parents, puis son boyfriend après son adolescence. Une voie officielle dans son parcours en Angleterre. Psy. THS puis finalement SRS. Maintenant Victoria est une belle jeune fille de 24 ans, enfin bien dans son corps et dans sa tête. Terriblement émouvant avec de nombreuses descriptions très poignantes.
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| M - 1 livre(s) |
| MURAT Laure |
Genre : Essai
Résumé :Présentation de l'éditeur :
Homme ou femme. Existe-t-il un espace viable entre ou hors ces deux catégories ? Une invention théorique et poétique a tenté de fournir, au cours de l'histoire, une réponse à cette question : le " troisième sexe ", celui qui défierait la loi du genre. L'expression désigne, à partir du XIXe siècle, les figures considérées comme déplacées par rapport aux canons de la virilité et de la féminité : les " tantinettes " traquées par la police dans le Paris de Balzac, les saphistes de roman et les invertis étudiés par la psychiatrie, les " fastueux travestis " des bals populaires, les femmes émancipées de la Belle Epoque et les premiers transsexuels opérés des années 1930. Derrière toutes ces figures dissidentes, l'idée d'un " troisième sexe " provoque, dérange et renvoie la société à cette énigme inépuisable : que signifie vraiment être une " femme " ou un " homme " ? Exploitant des archives inédites de la police, des textes méconnus de la sexologie ou de la littérature, Laure Murat a élaboré ici une analyse inattendue et passionnante, éclairant d'un jour nouveau l'archéologie des discours sur les questions de genre que notre époque ne cesse d'interroger.
commentaire Maud :
Une histoire culturelle du "troisième sexe" depuis le 19e siècle ou comment se propage cette notion par les minoritaires et ses détracteurs, d'abord chez les féministes puis le glissement actuel que nous connaissons.
L'auteure illustre son propos par des exemples simples cette histoire à deux (minoritaires/détracteurs) où se créé progressivement un espace sociologique tiers que l'auteure appelle neutre ou Autre. Un bon point de départ pour faire connaissance avec des notions sur le genre et se rappeller que ce débat est constant depuis le 19e siècle et sans doute avant…
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| N - 1 livre(s) |
| NAMASTE Viviane |
Genre : Bibliographie
Résumé :4e de couverture:
Le quartier chaud de Montréal a fait couler beaucoup d’encre, mais sa culture de cabaret n’a jamais été examinée dans la perspective des artistes transsexuelles et travesties qui l’ont rendu si populaire. Par le biais des récits provenant des danseuses elles-mêmes, Viviane Namaste peint un portrait honnête de quatorze transsexuelles -danseuses, chanteuses, magiciennes ou effeuilleuses - et jette un regard dans les coulisses du monde dans lequel vivent et travaillent ces hommes devenus femmes.
Les années soixante et soixante-dix ont été des décennies de changement social au Québec. C’était du spectacle! raconte l’histoire de la première génération de transsexuelles ayant subi une chirurgie d’inversion de sexe. Namaste examine les conditions de travail dans les cabarets, la prostitution, les abus de pouvoir des policiers à l’égard des transsexuelles, le rôle du crime organisé dans la vie nocturne de la ville et l’accès aux soins de la santé. C’était du spectacle! offre un rare survol de la culture urbaine de Montréal, présenté dans ses propres mots par l’une de ses plus importantes communautés artistiques.
Commentaires de Lil:
Ce livre remarquablement bien documenté nous fait revivre la situation des artistes Travesties et Transsexuelles des années 1955 à 1985 à Montréal. Ce livre ne traite que des TS MtF (Male to Female)
Beaucoup de témoignages très émouvants de ces personnes quant à leur vie, leurs innombrables difficultés sociales (avec la police) et sanitaires (accès aux soins), mais toujours sur un ton enjoué et sans jamais aucune plainte ni récriminations .
Viviane Namaste a su préserver l’émotion en reprenant sans les altérer les propos des interviews
Ces Femmes devaient faire faire leur chirurgie (Mammoplasties, castrations avant la réassignation, etc...) en douce en passant par les escaliers de service de l’hôpital (authentique) afin que le chirurgien ne soit pas inquiété !
Saisissant de vérité certaines fois nostalgiques pour qui connaît un peu le milieu underground de Montréal.
Un livre essentiel pour celles et ceux qui recherchent les racines Transsexuelles au Québec.
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